La Spiegelrei et les canaux

La Spiegelrei n’est pas la carte postale du Rozenhoedkaai. C’est un bras de la Reie, de Jan van Eyckplein jusqu’à la Langerei. Au Moyen Âge, les navires entraient par la Dampoort, descendaient la Langerei, accostaient ici. On y bâtissait des maisons de marchands avec entrepôts, tout près du Tolhuis.
Le nom vient d’une eau allongée — une « speghele » — et des miroitiers du XVe siècle. La rue actuelle longe la rive nord ; en face, la Spinolarei. Maison des Cygnes se tient au 16, dans ce front de brique.
Aujourd’hui le trafic est celui des barques et des marcheurs. Le Markt, plus au sud, concentre les files. Ici le soir retombe plus tôt. On entend l’eau contre le quai. Les cygnes passent, ce n’est pas un slogan.
Pour qui loge sur la Spiegelrei, Bruges se lit à pied : Jan van Eyckplein et la statue du peintre, le Poortersloge, le vieux tonlieu, puis, si l’on insiste, le Beffroi. Inutile de tout faire le premier après-midi.
Marcher sans la foule
Le matin, avant dix heures, le canal est à ceux qui habitent. C’est l’heure où une maison de charme a un sens : on ouvre le volet, on voit l’eau, on n’est pas encore dans le souvenir de voyage des autres.
La maison ne prétend pas « être le seul hôtel du canal ». D’autres adresses existent. La nôtre est une demeure de six chambres, une table, une demande écrite. Le reste — le Beffroi, le chocolat, les calèches — Bruges le donne assez.
